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Casino Luxembourg

Film

Ho Tzu Nyen, The Cloud of Unknowing, 2011.

Zbynek Baladrán, Night of the World, 2011.

8.3.2013

Lunchtime shorts: Ho Tzu Nyen, Fabien Giraud & Raphaël Siboni, Zbynek Baladrán

artiste(s): Ho Tzu Nyen, Fabien Giraud & Raphaël Siboni, Zbynek Baladrán
Discovery Zone, Luxembourg City Film Festival


Lunchtime shorts. 12h00.
Admission: 4 €, free entrance with Discovery Zone Pass.


Ho Tzu Nyen, The Cloud of Unknowing, 2011 (30')


Ho Tzu Nyen (* 1976, Singapore), lives and works in Singapore

The film is titled after a fourteenth century mystical treatise on faith, where the cloud is paradoxically a metaphor, for both an impediment to, and reconciliation with, the unknown or the divine experience. Referencing Hubert Damisch's A Theory of /Cloud/: Toward a History of Painting, where Damisch describes the cloud as "one of the most valued oneiric themes," Ho's artwork is a visual exegesis of the subject of the cloud, that is the fleeting meteorological inspiration of Constable's cloud studies; that represents transcendence, distinguishing the sacred from the earthly in the artworks of Tintoretto, Correggio and Francisco de Zurbarán; and that is characterised by transience, and resists representation in Chinese landscape painting. Just as the amorphous forms above rouse the imagination and are vehicles for hallucination, The Cloud of Unknowing performs the role of mechanism and medium for the recollection of representations of the cloud in art. Set in a deserted, low-income public housing block in Singapore, Ho's Cloud presents scenes of eight characters in eight apartments, each in an encounter with the cloud, that alternates between being embodied as a figure, and as a vaporous mist. In the moment of encounter, a shift, transformation or illumination occurs that, as the medieval text counsels, is effected in a direct experience of the senses, instead of being understood with the mind.


Fabien Giraud & Raphaël Siboni, Friendly Fire, 2007 (13')


www.fabiengiraudraphaelsiboni.com

« Dans le cadre de ce projet, nous avons organisé une partie d'airsoft. Enfermés pendant une journée entière dans un lieu trop petit pour accueillir les 100 joueurs que nous avions recrutés, nous avons essayé d'épuiser toutes les possibilités de ce loisir guerrier.

Le friendly fire, notion à la base de notre projet, est un terme militaire qui désigne le fait de tirer, accidentellement ou non, sur une personne de son propre camp. Cette confusion propre au friendly fire paralyse le soldat-joueur en un état de confusion et de doute constant. Notre projet consiste à transposer à l'échelle collective du conflit l'état mental individuel du soldat, incapable de discerner le camp ennemi du camp ami, toujours sur le point de commettre un friendly fire ou d'en être la victime. Le friendly fire est le cauchemar de tout militaire. C'est l'élément paranoïaque à l'intérieur d'un conflit, la zone floue où s'estompe toute position rassurante au sein du groupe. À travers cette notion, se dessine la limite extrême d'un conflit à l'intérieur même de cette pratique. Ainsi, de la même manière que le friendly fire exacerbe la logique guerrière jusqu'à sa propre limite, notre projet consiste à éprouver le jeu par amplification de ses variables internes.

Parmi les différents re-paramétrages du jeu que nous nous proposons d'effectuer, le travail de modifications des dimensions du terrain est directement inspiré de l'univers de jeux vidéo en réseaux, tels que Counterstrike. Ces jeux de FPS (First Person Shooter), permettent de relier des joueurs à distance afin qu'ils puissent s'affronter sur un terrain commun, une Map collective. Certaines de ces Maps jouent sur les paramètres physiques et spatiaux du jeu, afin de rendre la partie plus « fun ». Plus particulièrement, les Fun Map désignent des espaces extrêmement réduits sur lesquels s'affrontent un trop grand nombre de joueurs. Il n'est plus question ici, comme les joueurs l'expliquent, de développer une tactique. La seule stratégie est celle du carnage, et il convient de tuer le plus de gens avant d'être éliminé soi-même, pour le « fun ». Dans le cadre de notre projet, c'est cette notion de fun, ce couplage de la violence au « rigolo », du loisir à la guerre, en tant qu'il travaille les limites d'une pratique, qui nous intéresse en premier lieu. »

Fabien Giraud & Raphaël Siboni ont été invités par le Casino Luxembourg pour une exposition monographique au printemps 2014. Le duo a entamé le développement d'un nouveau corpus d'œuvres plus épuré où ils analysent la question de statut de l'image.

Friendly Fire fait partie de leurs œuvres plus anciennes thématisant davantage des questions anthropologiques et communautaires.


Zbynek Baladrán, Night of the World, 2011 (1'54'')


Zbynek Baladrán (*1973 in Prague), lives and works in Prague, Czech Republic

www.zbynekbaladran.com

Night of the World is a short video showing the creation of an artwork. It is a short excursion on the border of Hegelian darkness to the moment before contemplation, in which everything already exists but still hasn't been revealed. The motif of mysterious origin and of the inception of thoughts and images relates not only to creation as such, but also to the general principle of self-awareness and of the recognition of reality around oneself.

images

Ho Tzu Nyen, The Cloud of Unknowing, 2011.

Zbynek Baladrán, Night of the World, 2011.