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Casino Luxembourg

Expositions

Jacob Dahlgren, I, the world, things, life, 2007. Cibles de jeux, fléchettes. © Jessica Theis.

Patrick Bérubé, Demi-mesure, 2005. Installation in situ. © Jessica Theis

1.5 — 5.9.2010

Ceci n’est pas un Casino

artiste(s): Pierre Ardouvin, Robert Barta, Patrick Bérubé, Marc Bijl, Hermine Bourgadier, Antoinette J. Citizen, Courtney Coombs, Jacob Dahlgren, Paul Kirps, Walter Langelaar, Annika Larsson, Ian Monk, Laurent Perbos, Letizia Romanini, Stéphane Thidet, Olaf Val
curateur(s): Kevin Muhlen, Jo Kox

Ceci n'est pas un Casino ! Certainement aucune autre phrase n'a été prononcée aussi souvent que celle-ci en relation avec le Casino Luxembourg - Forum d'art contemporain. Finalement, qui ne pourrait se tromper quant à la fonction du bâtiment à la lecture de ce nom ? L'exposition donne le ton dès son titre et brouille les pistes une fois de plus en y présentant des pièces traitant justement de la thématique du... jeu ! En effet, chaque œuvre se présente telle une invitation au divertissement : sous forme de jeu vidéo, manège, terrain de jeu... Pourtant une réalité persiste : l'impossibilité de jouer.

L'exposition reproduit donc la frustration éprouvée par les visiteurs qui s'attendaient à y trouver des jeux de fortune. Un prétexte qui pourrait facilement donner lieu à une exposition de plus qui traiterait de la relation entre l'art et le jeu. Ici, cependant, c'est le double tournant et la frustration qui l'emportent. L'art et le jeu, cités ensemble fréquemment dans la critique d'art récente, sont en effet des pratiques proches : toutes deux nécessitent (ou incarnent, même) la liberté de l'esprit d'un côté, et un énoncé de règles bien précises de l'autre. Toutes deux ont tendance à poser des oppositions binaires entre lesquelles des significations, des symboles et des émotions peuvent éclore - à l'image d'un but qui a été marqué ou non, irrévocablement, mais qui donne lieu, à lui tout seul, à de multiples réactions diverses et intenses chez toutes les personnes impliquées (athlètes, juges-arbitres, spectateurs, commentateurs, téléspectateurs). Cette relation entre le binaire et l'analogique est propre au jeu et trouve son miroir dans les techniques artistiques utilisées dans les œuvres.

Un côté participatif est bien présent. Le visiteur, devenu joueur, se voit spontanément incorporé dans l'exposition, frustrations et subversions comprises. Est-ce qu'on se joue de lui ? Seize artistes offrent leurs approches, choisies selon les règles de ce Casino qui n'en est pas un. Plusieurs artistes présentent des productions in situ spécialement réalisées pour l'exposition.

Pour pousser l'ambiguïté à son comble, le 15e anniversaire du Casino Luxembourg en tant que lieu d'exposition, est, et n'est pas, le prétexte de Ceci n'est pas un Casino. L'exposition n'a rien d'une rétrospective et par conséquent la référence historique n'est présente que dans son approche thématique. Cependant, le geste rétrospectif s'exprime plus ouvertement dans le catalogue, qui, outre une introduction sur l'exposition par les commissaires Kevin Muhlen et Jo Kox, contient des textes sur l'histoire du bâtiment et ses multiples usages, signés Marc Jeck, Paul Reiles et Didier Damiani ; une étude sur le jeu par le docteur en psychiatrie Paul Rauchs ; et une analyse du ludique dans l'histoire de l'art par Bettina Steinbrügge, historienne de l'art.

En savoir plus
partenaires

L'exposition est réalisée avec le soutien de la Menuiserie Lex Weisgerber, Contern.
Le projet de Jacob Dahlgren est réalisé avec le soutien de Iaspis.
Le projet de Patrick Bérubé est réalisé en collaboration avec la Délégation générale du Québec à Bruxelles.
Le projet de Paul Kirps est réalisé avec le soutien de la Menuiserie Hilger, Manternach.

images

Jacob Dahlgren, I, the world, things, life, 2007. Cibles de jeux, fléchettes. © Jessica Theis.

Patrick Bérubé, Demi-mesure, 2005. Installation in situ. © Jessica Theis

Antoinette J. Citizen, Landscape, 2008. Installation in situ. © Jessica Theis - Blue Box Design.

Letizia Romanini, Sans Titre, 2009. Anneaux de basket, filet en laine. © Jessica Theis.

Robert Barta, Move It!, 2010. Installation in situ. © Jessica Theis.