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Casino Luxembourg

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Benjamin Loyauté, le bruit des bonbons - The Astounding Eyes of Syria, vue de l'exposition au Casino Luxembourg, 2016. © benjamin loyauté studio. Photo : Dylan Perrenoud.

Benjamin Loyauté, le bruit des bonbons - The Astounding Eyes of Syria, vue de l'exposition au Casino Luxembourg, 2016. © benjamin loyauté studio. Photo : Dylan Perrenoud.

© benjamin loyauté studio / Photo : Fabrice Schneider / The Astounding Eyes of Syria - bonbons - détail, 2015.

28.4 — 4.9.2016

Le bruit des bonbons — The Astounding Eyes of Syria

artiste(s): Benjamin Loyauté

Le deuxième chapitre de l'installation le bruit des bonbons - The Astounding Eyes of Syria prend place au Casino Luxembourg. Il aborde la force de langage, de la confiserie et des objets quotidiens. L'œuvre explore les condensations de l'histoire, la résistance de nos héritages passés. Si le bonbon est un transmetteur universel qui humanise les relations entre les individus, il est ici l'objet moteur qui a le pouvoir de rassembler, de transmettre comme de se souvenir. C'est à travers la confiserie syrienne que l'installation évoque et partage des souvenirs qui survivent au temps et à l'horreur de la guerre. Elle tisse des temporalités à la fois vraisemblantes et réelles sur fond de traditions partagées.

Beaucoup de Syriens se retrouvent aujourd'hui autour de leur héritage vivant dont les souvenirs collectifs et individuels engagent la survie d'un immatériel qu'on ne saurait faire plier, réduire et oublier. Le Louloupti est un véritable petit bonbon qui nous rappelle les Qabaqib Ghawar, petits sabots syriens en sucre, le souk d'Al-Hamidiyah et la Booza qui sont aujourd'hui plus que jamais dans la mémoire des Syriens en Jordanie, en France, au Canada, en Italie et ailleurs. Ces confiseries, objets-images et liens, réparent notre regard et réveillent notre capacité à voir et à mobiliser. Imaginées par Benjamin Loyauté, ces sucreries narratives sont des agents transmetteurs, des actants. Durant plusieurs siècles, les peuples arabes introduisaient le sucre dans la pharmacopée. Au seizième siècle, le sucre était vendu par les apothicaires. Le bonbon avait ses vertus que l'histoire ne lui a pas depuis reprises. 

Découverte en Syrie en 1937 par Max Mallowan, l'Idole aux yeux est une sculpture qui intrigue toujours et dont la fonction n'a jamais été véritablement tranchée. Le Louloupti dessiné à partir de cette archéologie est aussi spéculatif que tangible. En meringue et à la rose de Damas, il aurait aussi la fonction de prolonger le temps et les souvenirs comme de préserver l'avenir.

En collectant les mots, les histoires et les "mémoires sucrées" de ses amis syriens sur des cartes postales, l'artiste et designer participe à la protection d'une culture dont la trace forme une armure. L'installation est une expérience "fictio-fonctionnelle", où les objets-mots ont une force perlocutoire.

Benjamin Loyauté utilise pour la première fois le terme design sémantique en 2014. Il définit alors le design comme un langage et développe ses premières installations autour des actes de langage. Il engage depuis une réflexion sur la géopolitique du design, nos sociétés contemporaines et l'ensemble des actes conditionnés par la langue, la culture, le temps et l'espace. "Les objets sont comme des mots et mes installations comme des histoires ; aussi factuelles que spéculatives elles révèlent nos comportements, affectent nos certitudes et notre perception des choses". Benjamin Loyauté

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Dans le cadre de Design City 2016.
Avec le soutien de l’Institut français, Luxembourg.

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Benjamin Loyauté, le bruit des bonbons - The Astounding Eyes of Syria, vue de l'exposition au Casino Luxembourg, 2016. © benjamin loyauté studio. Photo : Dylan Perrenoud.

Benjamin Loyauté, le bruit des bonbons - The Astounding Eyes of Syria, vue de l'exposition au Casino Luxembourg, 2016. © benjamin loyauté studio. Photo : Dylan Perrenoud.

© benjamin loyauté studio / Photo : Fabrice Schneider / The Astounding Eyes of Syria - bonbons - détail, 2015.