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Casino Luxembourg

Expositions

Seamus Farrell, Standardized norm - form entrance, 2005. Installation in situ. © Christian Mosar.

Seamus Farrell, Naughts & Crosses, 2005. Vidéo. © Christian Mosar.

Seamus Farrell, Paintexplosion, 2005. Installation in situ. © Christian Mosar.

16.7 — 18.9.2005

Seamus Farrell – 5 Rooms, 5 Stories, 5 Problems and a Hallway

artiste(s): Seamus Farrell
curateur(s): Enrico Lunghi

Le travail de Seamus Farrell se construit par strates visuelles et culturelles superposées puis indissolublement imbriquées. Il se frotte constamment à la réalité complexe du monde environnant dont il rend visibles, à sa manière, des couches parfois insoupçonnées. Ce va-et-vient entre l'art et la vie se traduit, entre autres, par l'utilisation ou la récupération d'objets de toutes sortes, souvent banals ou modestes, qu'il transforme en petits trésors visuels, riches en sens et en références. Le tout avec une dose d'humour bien à lui.

Au Casino Luxembourg, il a pour lui cinq salles et un hall d'entrée, plus la verrière attenante. Cela fait donc cinq problèmes à résoudre, voire un peu plus de cinq histoires à raconter. Dès l'entrée, par exemple, le visiteur est censé traverser un mur dans lequel sont découpées des silhouettes stéréotypées : la femme, l'homme, l'enfant, le handicapé moteur sur sa chaise à roulettes (Standardized-Norm-Format Entrance). Chaque visiteur peut choisir d'entrer par l'ouverture qui lui correspond ou - rebelle - par une autre. Dispositif de mesure du conformisme ambiant ? Ou bien faut-il entendre qu'un centre d'art n'attire finalement que des spectateurs déjà formatés ? Ou pire, ne les formate-t-il pas automatiquement à leur insu ? 

Au-delà des questions sociales, politiques, philosophiques et autres que pose chacune des propositions de Seamus Farrell, il y a aussi le travail sur la lumière, le corps et le mouvement, qui se manifeste dans presque toutes ses œuvres. Lorsqu'il exhume de vieux films de 70 mm et qu'il les déroule, entre deux colonnes, en une succession d'images transparentes, l'envie surgit spontanément de faire renaître le mouvement et reconstituer l'action du film par le simple déplacement du regard et du corps du spectateur (Da Reel / Da Loop). Mais l'histoire aussi est convoquée : dans leur matérialité désuète et l'empreinte des acteurs et personnages qu'elles préservent, ces bandes de cellulose, sorties de l'oubli, du rebut, racontent le temps qui passe tout comme les rêves et les espoirs de ceux qui les ont réalisées.

Ce combat contre l'oubli est à l'œuvre ailleurs aussi. Sur un son qui évoque celui de vieux projecteurs, mais aussi celui d'un cœur qui bat, la projection d'une série de portraits de son proche entourage agit à la fois comme un album de souvenirs et comme un « memento mori » cinématographique (Video Wall).

Aussi, l'installation de tuyaux d'évacuation, de tubes de plomberie et de câbles électriques traversant une des salles d'exposition est peut-être tout autant une proposition absurde qu'une métaphore corporelle, voire un regard ironique jeté sur la manie des réseaux dans le monde contemporain (Domestic Appliances / Useless Connections).

L'absurde, le ludique et la dérision apparaissent par petites touches dans les œuvres de Seamus Farrell : A door in the middle of the wall in the middle of the room, Unravelled WC Column Cone, Spectacles, Cornered Word/paint explosions et bien d'autres travaux seront réalisés dans le cadre de l'exposition.

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images

Seamus Farrell, Standardized norm - form entrance, 2005. Installation in situ. © Christian Mosar.

Seamus Farrell, Naughts & Crosses, 2005. Vidéo. © Christian Mosar.

Seamus Farrell, Paintexplosion, 2005. Installation in situ. © Christian Mosar.

Seamus Farrell, Unravelled WC column cone, 2005. Installation in situ. © Christian Mosar.

Seamus Farrell, A door in the middle of the room in the middle of the espace , 2005. Installation in situ. © Christian Mosar.