fr | de | en

Casino Luxembourg

Expositions

Philippe-Paul Schmit, Paradise IS, 2000. Installation in situ. © Roman Mensing / artdoc.de.

Bady Minck, Elektrofruestueck im Paradies, petit déjeuner électrique au paradis, electric breakfast in paradise, 2000. Installation in situ. © Roman Mensing / artdoc.de.

Christian Pantzer, Zu Gast, 2000. Installation in situ. © Roman Mensing / artdoc.de en collaboration avec Thorsten Arendt.

15.4 — 25.6.2000

Strange Paradises

artiste(s): Haluk Akakçe, Line Bergseth, Mark Divo, Vidya Gastaldon & Jean-Michel Wicker, Suchan Kinoshita & Hasje Boeyen, Mischa Kuball, Ugo Locatelli, Bady Minck, Christian Pantzer, Jorge Pardo, Philippe Paul Schmit, Georgina Starr, Bert Theis

En prenant comme point de départ le Domaine de Marcel et Joseph, l'installation permanente et véritable lieu de « repos esthétique » réalisé par Bert Theis en 1998, le Casino Luxembourg organise du 15 avril au 25 juin 2000 une exposition réunissant des artistes qui ont été invités à proposer une interprétation très personnelle de la notion de « paradis ». Strange Paradises présente ainsi des projets spécialement conçus pour les différentes salles du Casino Luxembourg par des artistes dont les démarches se situent généralement à l'intersection des catégories artistiques habituelles.

De la métaphore spirituelle à l'affirmation d'un hic et nunc irremplaçable, le paradis est décliné à travers des dispositifs complexes incluant des dessins muraux, des objets manufacturés, des installations, des vidéos, des photographies, voire un café fonctionnel.

Dans l'Antiquité, le mot « paradis » (mot d'origine perse) faisait référence aux jardins des rois où étaient gardés les animaux sauvages. Avec le christianisme le paradis devint synonyme de l'endroit où Adam et Eve vivaient en harmonie avec la nature avant d'être condamnés à la vie terrestre ; c'était également l'endroit où les chrétiens trouvaient le repos éternel après la mort. De tous temps, le paradis a rendu l'image d'un merveilleux havre de paix et de bonheur. Dans le Haut Moyen Âge, le paradis fut souvent associé à la notion de Dernier Jugement (Jan Van Eyck, Roger van der Weyden, etc.). Les romantiques voyaient en lui la quête d'un monde « pur ». Au 19e siècle, Baudelaire l'associa avec l'état mental causé par l'abus d'opium : une sorte de paradis psychologique qui permet d'échapper à la société (Les Paradis artificiels). Cette idée fut reprise par Sigmund Freud qui la développa en relation avec la psychanalyse et la notion du subconscient. Aujourd'hui, l'image du paradis est celle d'un plaisir et d'une liberté sans bornes, peu importe ce que cela signifie...

Le choix des artistes - forcément subjectif et revendiqué comme tel - s'est appuyé sur deux axes : le potentiel des différentes démarches à engendrer des univers personnels et poétiques, et la richesse des associations possibles grâce aux chevauchement des disciplines et des cultures.

Ainsi, Haluk Akakçe propose une vidéo qui thématise le passage vers un monde pur, Line Bergseth nous plonge dans un espace fleuri, Mark Divo reproduit son univers personnel et chaotique, Vidya Gastaldon & Jean-Michel Wicker créent un monde à la fois sensuel et éthéré, Suchan Kinoshita & Hasje Boeyen nous confrontent avec l'attente éternelle, Mischa Kuball met en scène la lumière et sa réflexion par une « terre impure », Ugo Locatelli repère le paradis et en dresse une carte et une taxinomie, Bady Minck subvertit le paysage kitsch de l'Autriche haiderienne en y implantant une cabane de résistance clandestine branchée sur internet, Christian Pantzer installe une cafétéria, Jorge Pardo une machine à sérigraphies, Philippe Paul Schmit aménage une traversée de la lumière vers les ténèbres, et Georgina Starr rejoue des scènes de son univers personnel, tandis que Bert Theis « retape » et réactualise le Domaine de Marcel et Joseph.

Les artistes font se côtoyer différents univers qui évoluent entre les arts visuels, l'architecture, le design et le cinéma : l'ensemble des propositions, s'il ne saurait constituer un paradis en lui-même, montrera peut-être qu'il ne peut pas y avoir un paradis unique pour toute l'humanité, et que la notion même de paradis se heurte à une limite fondamentale de la pensée humaine : celle de l'éternité. Toutes les discussions avec les artistes ont, en effet, abouti à la même conclusion : le paradis, un lieu de paix éternel et immuable, deviendrait vite un enfer...

En savoir plus
partenaires

Avec le soutien de : Fondation de l'Architecture et de l'Ingénierie Luxembourg en collaboration avec Arendt & Fils et la Miroiterie Origer s.a., The British Council, Mondriaan Stichting, Prohelvetia.

images

Philippe-Paul Schmit, Paradise IS, 2000. Installation in situ. © Roman Mensing / artdoc.de.

Bady Minck, Elektrofruestueck im Paradies, petit déjeuner électrique au paradis, electric breakfast in paradise, 2000. Installation in situ. © Roman Mensing / artdoc.de.

Christian Pantzer, Zu Gast, 2000. Installation in situ. © Roman Mensing / artdoc.de en collaboration avec Thorsten Arendt.

Line Bergseth, peinture de fleurs sur bois, 2000. Installation in situ. Galerie Rodolphe Janssen, Bruxelles. © Roman Mensing / artdoc.de.