fr | de | en

Casino Luxembourg

Expositions

Su-Mei Tse, Chambre sourde, 2003. Installation in situ, 4 ampoules, structure en mousse. Peter Blum Gallery, New York. © Roman Mensing / artdoc.de.

Su-Mei Tse, Dong, xi, nan, bei, 2005. Installation in situ, néons. Albion Gallery, Londres / Tim Van Laere Gallery, Anvers. © Roman Mensing / artdoc.de.

23.3 — 5.6.2006

Su-Mei Tse

artiste(s): Su-Mei Tse
curateur(s): Enrico Lunghi

L'artiste luxembourgeoise Su-Mei Tse s'est vue attribuer le Lion d'Or pour le meilleur pavillon national à l'exposition internationale d'arts visuels de Venise en 2003. Depuis, nombreux sont ceux qui attendent de voir une ample présentation de son travail, surtout à Luxembourg. Pour la première fois depuis son succès international, une monographie aussi complète de son œuvre lui est consacrée, avec des œuvres existantes (dont L'écho, Les balayeurs du désert, Chambre sourde) et des productions nouvelles.

Cette exposition allie la lumière, le son, le rythme, la musique et l'image. Su-Mei Tse choisit son médium (installations, vidéos, photographies, objets, etc.) en fonction de l'idée qui fonde l'œuvre à réaliser. Ainsi, elle met en scène Les balayeurs du désert comme une chorégraphie dont le balayage devient musique ; dans Mistelpartition, une lignée d'arbres se transforme en une partition musicale aléatoire, faisant résonner une musique visuelle même pour qui ne sait pas lire les notes. Dans L'écho, une frêle silhouette de violoncelliste s'essaye au dialogue musical avec son propre écho que lui renvoie une majestueuse montagne au-delà d'un gouffre vertigineux. Pour l'artiste, des perceptions différentes peuvent coexister à l'intérieur d'une seule œuvre et le spectateur peut les saisir selon sa culture, sa sensibilité et ses références personnelles.

La mise en suspension, les moments de silence et l'invitation à une certaine introspection caractérisent l'œuvre de Su-Mei Tse. Si l'esprit zen qui en émane est évident, il n'en fait pas pour autant d'elle une artiste « typiquement asiatique ». Par ses origines eurasiennes, elle porte en elle deux cultures qu'elle ne cesse de détourner ou de dévier, afin de les défaire des clichés qui y sont habituellement associés. Mais l'humour, la fraîcheur et la poésie sont également omniprésents dans son travail, particulièrement dans des objets à caractère surréaliste comme SUMY et Waiting Lovers.

L'intégration dans l'espace, l'orientation et le parcours participent, chez Su-Mei Tse, à l'appréhension de ses œuvres. Ainsi, dans l'exposition au Casino Luxembourg, « le soleil » se lève à l'ouest (The Yellow Mountain). L'artiste déplace aussi l'entrée habituelle d'un labyrinthe (présent autant dans la culture orientale qu'occidentale) en faisant du point d'arrivée le point de départ. Labyrinthique, l'art se conçoit comme un cheminement long mais enrichissant. Prendre des détours, se perdre ou faire les bons choix devant des possibilités multiples sont autant d'éléments qui intègrent le processus de création de l'artiste, marquée par la rigueur d'une formation musicale académique et un ancrage dans des traditions trop lourdes à porter. De là, la calligraphie devient néon, la peinture vidéo et vice-versa. Jetzt=Jetzt !

En savoir plus
images

Su-Mei Tse, Chambre sourde, 2003. Installation in situ, 4 ampoules, structure en mousse. Peter Blum Gallery, New York. © Roman Mensing / artdoc.de.

Su-Mei Tse, Dong, xi, nan, bei, 2005. Installation in situ, néons. Albion Gallery, Londres / Tim Van Laere Gallery, Anvers. © Roman Mensing / artdoc.de.

Su-Mei Tse, Wainting Lovers, 2004. Installation in situ. © Roman Mensing / artdoc.de.

Su-Mei Tse, Standard Eye Level, 2006. Installation in situ. © Roman Mensing / artdoc.de.