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Casino Luxembourg

Expositions

Marguerite Duras, Les Mains Négatives, 1979. Vidéo, film couleur 35 mm sur DVD. © Jean Mascolo, Paris. 

29.3 — 22.6.2003

Un bel été 3

artiste(s): Stanley Brouwn, Marguerite Duras, Lucio Fontana, Lee Friedlander
curateur(s): Michel Assenmaker, Éric Brunier, Enrico Lunghi

L'exposition regroupe des œuvres de Stanley Brouwn réalisées spécialement à cette occasion, trois courts métrages de Marguerite Duras, une quarantaine de tableaux, dessins, sculptures et gravures de Lucio Fontana, et une centaine de photographies de Lee Friedlander, dont vingt montrées pour la première fois.

La présence simultanée de ces quatre artistes si différents est inédite. Elle est le fruit de nos discussions et de nos approches respectives de l'art plutôt qu'un choix fixé au départ. Nous n'avons pas cherché à surprendre. Il faut ici rappeler le principe adopté dès notre premier projet en commun : celui de confronter nos subjectivités. Notre souci est d'éprouver l'expérience réelle de l'exposition. De nos échanges, multiples, menés à trois voix, sont nées des interrogations sur l'œuvre, sa singularité d'objet et de travail, son exposition publique, sa proximité avec d'autres œuvres. La singularité des démarches des quatre artistes crée une tension, qui se ressentira dans les salles du Casino Luxembourg. Cette tension, nous la voulons tout tournée vers l'extérieur pour que, par tout un chacun, elle puisse être partagée. Nous prenons le risque de l'inédit, voire de l'hétéroclite, inhérent à ce projet. Mais nous prenons aussi le pari que quelque chose du désir ici a pris figure. 

L'ouverture radicale qu'engendre l'œuvre de Lucio Fontana, rendue manifeste à travers ses premiers Buchi en 1949, puis ses Tagli à partir de 1959, nous apparaît aujourd'hui comme un repère majeur de notre réflexion sur l'art. Et pourtant, la matérialité presque baroque d'un grand nombre de toiles et de sculptures de Lucio Fontana ainsi que le pouvoir séducteur, érotique en un sens, qu'exercent sur le regardeur nombre de ses dessins, ne cessent de vivifier, simultanément, notre plaisir esthétique.

Nous retrouvons cette irréductibilité à un seul critère aussi bien dans l'œuvre cinématographique de Marguerite Duras que dans le travail photographique de Lee Friedlander. Les trois courts métrages de Marguerite Duras, Aurélia Steiner de Melbourne, Les mains négatives et Césarée, insérés dans le parcours d'exposition, soulèvent la question de la durée mais aussi de la parole et du mouvement, tandis que les photographies de Lee Friedlander semblent désigner l'impossible complétude du corps, du lieu et du sujet.

Enfin, la position radicale qu'occupe l'artiste Stanley Brouwn dans le champ de l'art contemporain n'est pas étrangère au fait qu'il soit le seul artiste présent dans nos trois expositions. Son refus de toute représentation au profit d'une présence réelle de l'œuvre, non médiatisée et problématique en tant que marchandise, nous paraît définir au mieux une éthique de l'art, peu présente par ailleurs dans les discours dominants actuels.

Toute exposition doit résoudre le problème d'un choix limité d'œuvres parmi une infinité de choix possibles. Souvent ce choix est guidé par une analyse historique ou une approche thématique, qu'elle soit sociale ou politique. Un bel été 3 ne relève pas d'un tel exercice. Cela ne nous empêche pas d'espérer que notre choix soit une manière de prendre position. Il nous a semblé important de montrer ces quatre artistes, de les montrer ensemble au Luxembourg, aujourd'hui.

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partenaires

Fondazione Lucio Fontana - Milan, Galerie Fraenkel - San Francisco, Galerie Sparta - Chagny (F), Galerie Micheline Szwajcer - Anvers, Galerie Thomas Zander - Cologne, et Jean Mascolo - Paris.

images

Marguerite Duras, Les Mains Négatives, 1979. Vidéo, film couleur 35 mm sur DVD. © Jean Mascolo, Paris.