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Casino Luxembourg

Expositions

Christian Flamm, Sans Titre (faux billets de banque), 1999. © Christian Mosar.

4.9 — 10.10.1999

ars viva 99/00 – Grenzgänge

artiste(s): John Bock, Christian Flamm, Korpys/Löffler, Johannes Spehr

Cette année encore, après l'évaluation des dossiers, de nombreuses visites d'ateliers et de longs débats, le « Kulturkreis der deutschen Wirtschaft im Bundesverband der Deutschen Industrie e.V. » joue la carte de l'innovation en invitant John Bock, Christian Flamm, Korpys/Löffler et Johannes Spehr à participer à l'exposition ars viva 99/00 - Grenzgänge. Du 4 septembre au 10 octobre 1999, le Casino Luxembourg accueille la première édition de ars viva 99/00 - Grenzgänge. L'exposition itinérante est ensuite montrée au Kunstverein Freiburg im Marienbad et au Kunsthaus Dresden-Städtische Galerie für Gegenwartskunst.

Alors même que le terme évoque de nombreuses associations libres, on est en droit de qualifier ces artistes, faisant partie de la jeune génération vivant en Allemagne, de « frontaliers ». En effet, leurs travaux ne répondent ni aux catégories traditionnelles comme la peinture ou la sculpture, ni à celles dites nouvelles comme la vidéo ou l'installation. Bien au contraire, tous les moyens disponibles sont engagés dans la réalisation d'une vision artistique. Par ailleurs, les limites entre l'art et d'autres disciplines, telles que le théâtre, la musique, la culture télévisuelle et cinématographique, l'économie, la politique et la sociologie, tendent à s'effacer. Non que l'art deviendrait sans limites ; toutefois, il peut s'articuler comme un point de contact possible, offrir un espace de liberté à l'association et à l'imagination, au moment même où cette liberté risque de disparaître dans de nombreux autres domaines.

John Bock crée des arrangements scéniques à partir de sculptures théâtrales d'aspect volontairement bricolé. Ces sculptures, faites de tissu, de ferraille, de morceaux de plastique et d'objets quotidiens bizarrement déformés, servent de décor aux performances mi-théâtrales, mi-improvisées de l'artiste. Dans ses apparitions, souvent très acrobatiques, il entremêle des monologues interminables utilisant des fragments thématiques, empruntés aux domaines de l'économie et des sciences, et des réflexions sur l'essence de l'art ou encore des observations du quotidien. Cette confrontation lancinante s'assimile à un formidable tour de force aux accents dada, qui pose la question des rapports entre l'art et la vie, entre la société et l'individu.

Christian Flamm réussit également à sortir des catégories courantes trop rigides. Ses tableaux et arrangements fabriqués à partir de découpes et de collages de papier colorié, qui oscillent entre sculpturalité spatiale et bi-dimensionalité, savent convaincre par leur densité picturale. Ces images sont issues d'une recherche approfondie sur les phénomènes sociaux et médiatiques (par exemple, dans les rapports entre les mondes picturaux élaborés de manière digitale ou analogue) et sur la mise en contexte de l'art.

Les méthodes criminelles et criminologiques qui posent les questions de l'acte, du coupable, de la victime, les pratiques d'observation et d'analyse du détective qui établissent des rapports entre des signes fragmentés, ainsi que le transfert de ces phénomènes dans le domaine du travail artistique sont au cœur du travail du duo d'artistes Korpys/Löffler. Leurs analyses multimédias de « mauvaises images », de braquages de banques fictifs, d'activités terroristes et du World Trade Center à New York se situent entre le sérieux du documentaire et l'absurde, tout en se gardant de postuler des certitudes quant à la forme et au contenu.

Johannes Spehr se met à la recherche de l'absurdité du quotidien inhérent à notre monde capitaliste. Ses aquarelles excessivement précises et méticuleusement coloriées nous font découvrir un monde en pleine dislocation, alors que tout paraît arrangé de manière strictement ordonnée. En les insérant dans des architectures tri-dimensionnelles en carton dans lesquelles le spectateur peut déambuler, l'artiste renforce l'effet des intérieurs qu'ils décrivent et vise ainsi la scission entre le signifiant et le signifié. Ses mondes dysfonctionnels faisant échec à toute communication conventionnelle nous donnent un aperçu des mécanismes complexes de fonctionnement et de contrôle qui régissent la vie en communauté.

L'exposition regroupe des œuvres spécialement conçues à cette occasion.

La remise des prix a lieu lors de l'assemblée annuelle du « Kulturkreis der deutschen Wirtschaft im Bundesverband der Deutschen Industrie e.V. » à Trèves et à Luxembourg, le samedi, 2 octobre 1999. 

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En collaboration avec Kulturkreis der deutschen Wirtschaft im Bundesverband der Deutschen Industrie e.V.

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Christian Flamm, Sans Titre (faux billets de banque), 1999. © Christian Mosar.