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Casino Luxembourg

Le Casino

© Casino Luxembourg.

© Albert Biwer.

© Albert Biwer.

L’Histoire

Le Casino Bourgeois

C'est dans un quartier central de la capitale - au nord du Pont Adolphe (qui relie le quartier de la Gare à la vieille ville), entre la rue Notre-Dame et le boulevard F.D.Roosevelt -, que se dresse le Casino Luxembourg. Connu autrefois sous le nom de Casino Bourgeois, il fut construit entre 1880 et 1882 par les architectes luxembourgeois Pierre Kemp et Pierre Funck, et financé par la Société Anonyme du Casino de Luxembourg. Son aspect extérieur dénote l'influence du Baroque méditerranéen.

Le Casino devint rapidement un lieu privilégié de la vie culturelle et mondaine de la ville. Outre les salles de jeux, il abritait une salle de lecture et un restaurant. Ses vastes pièces accueillaient les manifestations les plus diverses : conférences, bals masqués, spectacles de théâtre et de cabaret, concerts, « salons » du Cercle Artistique et réunions de multiples associations. Ces activités connurent un premier sommet avec le dernier récital public de Franz Liszt le 19 juillet 1886. Parmi les autres événements marquants de son histoire, on citera aussi la présence de Winston Churchill, dans la Grande Salle, le 15 juillet 1946.

La Société du Casino Bourgeois  fut dissoute en 1959. Par la suite, l'État racheta l'édifice et le loua au Cercle Culturel des Communautés Européennes, fondé en 1954. Le Casino, désormais appelé Foyer Européen, restera jusqu'à la fin de l'année 1990 le centre des manifestations culturelles et mondaines de la Communauté européenne à Luxembourg.

La reconversion

Dans l'idée d'une éventuelle rénovation générale de l'édifice, le Ministère des Travaux Publics demanda en 1991-1992 au cabinet d'architectes Ballini & Pitt (Luxembourg) une estimation des travaux et une définition de l'état des lieux. Or, la préparation du programme Luxembourg, Ville Européenne de la Culture 1995 allait éveiller le dessein de transformer l'ancien Casino Bourgeois en lieu d'exposition.

Constatant la brièveté des délais impartis à la conception et à la réalisation d'espaces d'expositions pour l'année culturelle 1995, et connaissant d'autre part la volonté de la ville de construire ultérieurement une institution muséographique à Luxembourg, Urs Raussmüller proposa de renoncer dans un premier temps à la rénovation générale du Casino prévue initialement, et d'aménager à l'intérieur du bâtiment existant une structure susceptible d'accueillir des expositions temporaires. En octobre 1993, le gouvernement chargea l'architecte de transformer le Casino Bourgeois en espace d'exposition - pour une durée vraisemblablement limitée -, et lui confia la direction de son aménagement intérieur.

Sa tâche consistait à créer un espace multifonctionnel appelé à servir plusieurs années. L'édifice devait abriter des expositions temporaires et assurer une mise en valeur optimale d'œuvres d'art aux caractères les plus divers. Si la taille, la hauteur et le nombre des salles du Casino se prêtaient à une telle utilisation, les murs disponibles représentaient une surface d'accrochage insuffisante pour des expositions artistiques.

Les modules d'exposition

Le projet architectonique d'Urs Raussmüller alliait de manière convaincante simplicité, esthétique et fonction pratique. La première étape consista à ramener le Casino à ses structures élémentaires. La seconde vit l'installation, dans chacune des pièces du rez-de-chaussée surélevé (à l'exception du hall central) et du premier étage, de cubes aux parois uniformément blanches, ouverts dans leur partie supérieure. Cette intervention minimale, mais claire et efficace, permettait de répondre simultanément à différents impératifs. La substance historique demeurait intacte et la restructuration entraînait un budget relativement modeste. En offrant un maximum de surfaces murales, les cubes représentaient des espaces d'exposition idéaux. Par ailleurs, les murs protégeaient les œuvres fragiles des rayons ultraviolets projetés par la lumière naturelle. Les cubes formaient enfin un ensemble cohérent et homogène et pouvaient en outre être démontés à la fin de l'année culturelle.

Au total, treize nouvelles salles avaient été aménagées dans le bâtiment existant. L'ensemble représentait 460 m2 de surface au sol, et offrait 290 m de cimaises. Par ailleurs, le hall d'entrée est aussi un espace d'accueil doté des infrastructures mobiles indispensables pour l'information des visiteurs et la vente des billets et catalogues.

De 1995 à 1996

Lors des préparatifs de Luxembourg, Ville Européenne de la Culture 1995, la transformation de l'ancien Casino Bourgeois en lieu d'exposition fut confiée à Urs Raussmüller. Ainsi, dans chacune des pièces du rez-de-chaussée (à l'exception du hall central) et du premier étage, ont été installés des cubes aux parois blanches, ouverts dans leur partie supérieure (ils ont suggéré le logo du Casino Luxembourg), laissant intacte la substance historique et offrant un maximum de surface murale.

Au total, treize nouvelles salles ont été aménagées dans le bâtiment existant. Elles disposent toutes de murs de 3,5 m de hauteur. Les surfaces des cubes varient entre 18 m2 et 52 m2. L'ensemble représente 460 m2 de surface au sol, et offre 290 m de cimaises.

Le hall d'entrée et le pavillon (« Aquarium ») construit par l'architecte luxembourgeois René Mailliet servent de lieux de conférences, de tables rondes, de concerts de musique contemporaine et de forums en tout genre.

C'est en mars 1996, trois mois après la fin de l'année culturelle à Luxembourg en 1995, que le Casino Luxembourg est devenu ce qu'il est aujourd'hui : le premier et unique Forum d'art contemporain au Grand-Duché de Luxembourg dont le but est de présenter les arts visuels de notre temps afin d'en souligner le diversité et la complexité. L'art contemporain, malgré les (ou grâce aux) crises qui le secouent régulièrement, reste l'un des moyens privilégiés du questionnement de nos valeurs essentielles et l'une des approches possibles de notre vie intérieure. Mettre à la disposition de chacun les moyens de mener une réflexion artistique personnelle et de juger par soi-même, sans succomber aux préjugés qui nous gouvernent, c'est aussi œuvrer pour la liberté.

2016

Suite à un concours architectural sur invitation, l'architecte Claudine Kaell s'est vu confier la mission de la transformation architecturale du rez-de-chaussée du Casino en 2016. Sa proposition a su convaincre par la justesse du concept architectural et un accord parfait avec les visions de l'équipe du Casino pour ses espaces futurs. Le projet prévoyait une réorganisation plus pragmatique et plus fluide des espaces intérieurs, ainsi qu'une meilleure accessibilité pour les publics (avec une entrée supplémentaire du côté du boulevard Roosevelt). Le rez-de-chaussée est aujourd'hui doté, à côté de la bibliothèque existante, d'un espace d'accueil entièrement repensé ; d'une salle de projection consacrée à des vidéos d'artistes, la BlackBox, et à la documentation vidéo des expositions présentées au Casino Luxembourg ; d'un espace dédié aux activités pédagogiques et aux ateliers créatifs, et d'un café culinaire qui viendra renforcer l'identité du lieu et miser sur la convivialité.


Aujourd'hui

Idéalement situé au cœur de la capitale, le Casino Luxembourg - Forum d'art contemporain présente des expositions sur l'art d'aujourd'hui au travers d'une programmation internationale et en prenant principalement appui sur une jeune génération d'artistes. Le centre d'art abrite des espaces publics à usages et à vocations variés, alliant l'art contemporain à un lieu de rencontre, chaleureux et convivial : le rez-de-chaussée est doté, à côté d'une bibliothèque spécialisée en art contemporain, d'une salle de projection BlackBox consacrée à des vidéos d'artistes ; d'un espace dédié aux activités pédagogiques et d'un café-restaurant, le ca(fé)sino. Le premier étage étant exclusivement affecté aux expositions temporaires, des monographies d'artistes et expositions thématiques y sont proposées. Celles-ci sont complétées par un programme varié de visites guidées, conférences, rencontres avec la musique contemporaine ainsi que de résidences d'artistes. Loin des préoccupations muséales, le Casino opère tel un laboratoire d'expérimentations artistiques pour les tendances en devenir.