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Conférence

7.1.2021 à 19:00 Forum Arts, médias & société

Art et racisme. Comment les chefs-d’œuvre inventent l’autre

vidéoconférence par Anne Beyaert-Geslin, professeur de sémiotique à l'université Bordeaux Montaigne

présentée par Sonja Kmec et Gian Maria Tore de l'Université du Luxembourg

Comment la peinture, les œuvres que nous aimons ont-elles inventé un Autre négatif, inférieur, étranger ? Comment, jouant de leur autorité, nous y ont-elles fait croire ? Les études visuelles révèlent comment les images déterminent notre regard social, et la sémiotique visuelle, l’anthropologie et l’histoire de l’art analysent ces images pour saisir le fonctionnement des stéréotypes. 

Si la question a été souvent abordée dans les médias, il importe de comprendre comment les chefs d’œuvre de la peinture ont contribué à façonner notre imaginaire social. La conférence met au jour diverses stratégies qui ont inventé un Autre via des portraits contemporains. 

Anne Beyaert-Geslin est professeur de sémiotique (sciences de l’information et de la communication) à l’université Bordeaux Montaigne.

Elle publie début 2021 L’invention de l’Autre. Le Juif, le Noir, le(s) paysan(s), l’Alien, Garnier Classique, collection Histoire culturelle.

Autres ouvrages :
L’image préoccupée, Hermès-Lavoisier, 2009 ; Sémiotique du design, PUF, 2012 (Semiotica del design, ETS, 2017) ; Sémiotique des objets. La matière du temps, Presses de l’université de Liège, 2015 ; Sémiotique du portrait. De Dibutade au selfie, De Boeck, 2017.


Penser les images aujourd’hui

Les images envahissent nos existences et au-delà. Avant même notre naissance, notre image existe grâce à l’échographie et persiste au-delà de notre mort grâce aux photos prises de notre vivant. Elle est captée à notre insu au quotidien, entre autres par le biais de la vidéosurveillance.
Les images documentent, apportent la connaissance et des preuves aussi. Elles sont de ce fait indispensables pour les scientifiques et la police, entre autres. Images de contrôle et contrôle par les images. Elles véhiculent de l’information, elles sont un moyen de communication en même temps qu’un moyen de persuasion et de pression. En tant qu’outil du pouvoir, elles servent la politique aussi. Les images, manipulées ou non, sont utilisées à des fins de propagande, dans la politique, dans le terrorisme… en même temps qu’elles documentent les guerres et les conflits. Images de guerre et guerre des images. Elles servent également le commerce et la publicité, évidemment. Au moins depuis que la télévision existe, elles bouleversent le sens de la présence et du lieu. Les images sont un ailleurs avec lequel nous sommes connectés. Le télétravail et les vidéoconférences en font d’ailleurs les expériences les plus récentes.

Nous vivons dans une société où nous pensons et communiquons en images, où leur flux est ininterrompu et inévitable depuis notre plus jeune âge. Pendant que vous lisez ces lignes, deux millions d’images sont en train de circuler. La prolifération des images est telle que le nombre d’images dépasse celui des regards. Nous sommes tous créateurs quotidiens d’images… ou du moins d’images mentales : elles nous font penser et exprimer.

Pourquoi avons-nous besoin des images ? Quels sont les modes de création, de diffusion et de réception des images aujourd’hui ? Leur étude n’est désormais plus réservée à la seule discipline de l’histoire de l’art. Grâce aux visual studies et à la Bildwissenschaft, les champs d’analyse se sont largement étendus.
Pour sa deuxième édition, le Forum arts, médias et société entend fournir des débuts de réponse à ces questions et des pistes pour embrasser de manière critique les images dans toute leur ampleur.

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