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Casino Luxembourg

Conférence

Bill Viola, Reverse Television, 1983

7.11.2019 à 18:30 Forum Arts, médias & société

Penser l'écran – Leçon 2

Le cadre-écran. Seuil intermédiaire du visible
Benjamin Léon, enseignant-chercheur contractuel en études cinématographiques et études visuelles à l’Université de Lille

Œuvre analysée par Sandra Schwender :  Bill Viola, Reverse Television, 1983

Abonnement / réservation : visites@casino-luxembourg.lu / +352 22 50 45

L’étymologie du mot « écran » vient de l’ancien français « escran », empruntant au néerlandais « scherm », qui signifie « clôture, grille, paravent ». Nous voyons devant ces trois significations la dimension de cacher et de masquer, qui est aussi une façon de subdiviser un espace en un nouvel espace.

En proposant un corpus d’œuvres où le cadre comme limite supposée à l’image vient se substituer à l’écran de projection, nous chercherons à développer le concept de « cadre-écran » comme seuil intermédiaire du visible, amenant par là un renouvellement de notre rapport sensible à l’image. En tant que zone de contact, le « cadre-écran » se montre comme une paroi invisible qui ne renvoie pas sur la profondeur illusionniste de l’image mais qui reste en sa surface : zone tampon, passage et ouverture dans lequel un corps-sujet tissé d’intentions se dirige.

En partant de l’installation Light Sentence (2012) de Mona Hatoum, nous analyserons les principales déclinaisons du « cadre-écran » où un support projectif se cherche un espace d’inscription dans le réel. Il sera question de films où le cadre fait écran à la projection (Andy Warhol), d’installations où la disposition d’espace jouent sur le rapport entre surface et profondeur (Tony Oursler) ou de renversements de l’espace perceptif illusionniste en un espace projectif de nature atmosphérique (Anthony McCall, Tomás Saraceno).
 

Benjamin LÉON est enseignant-chercheur contractuel en études cinématographiques et études visuelles à l’Université de Lille. Sa thèse de doctorat (sous la direction de Philippe Dubois) qui est actuellement en cours de publication, questionne les plasticités du cadre à partir d’Andy Warhol et plus largement dans le cinéma expérimental américain.

Durant son doctorat, il a été chercheur invité à la Tisch School of the Arts de l’Université de New York (NYU). Ses domaines de recherche couvrent un large éventail de sujets liés aux études sur le cinéma et les médias, plus spécifiquement sur la critique d’art, les études gestaltistes, la relation entre le cinéma et l’architecture et les tensions qui parcourent le cinéma et l’art contemporain (pratique de l’installation). Il travaille essentiellement sur le cinéma expérimental (États-Unis, Angleterre, France, Autriche) et collabore à différentes revues (Aniki, Artforum, Cinéma & Cie, La Furia Umana, Vertigo, Intexto). Il a écrit de nombreux articles sur le cinéma expérimental et plus précisément sur Andy Warhol, Stan Brakhage, Jonas Mekas, Paul Sharits et Peter Hutton. Il prépare actuellement un ouvrage sur Blade Runner (1982) dans lequel il développe une réflexion sur la notion d’« écran empathique ». 

Penser l'écran

Aujourd’hui, l’écran fait partie intégrante de notre quotidien, au point que son absence en deviendrait presque inconcevable. Pourtant, il s’agit d’un objet assez récent. Comment l’écran est-il né ? Quel est son avenir ? Quel rôle joue-t-il dans l’histoire des arts, des médias et de la société aux XXe et XXIe siècles ? Que nous révèle la place prépondérante qu’il occupe désormais dans l’art contemporain ? Quelle emprise l’écran a-t-il sur nos corps, nos pensées, notre perception, notre monde ?  

Né du constat évident que l’écran est devenu bien plus qu’un simple support, le forum Arts, médias & société a pour objectif de s’intéresser de plus près à l’objet, de l’explorer, de le questionner aussi. 
 
Organisé par le Casino Luxembourg – Forum d’art contemporain en collaboration avec l’Université du Luxembourg, Arts, médias & société est une plateforme de compréhension et de discussion des enjeux clés qui dépassent la simple création contemporaine et démontrent que la séparation entre langages visuels et vie quotidienne est artificielle. 
Il s’agit d’un cycle de leçons et de rencontres mensuelles, organisé d’octobre 2019 à mars 2020, structuré dans le but de « faire le tour de la question ». Une fois par mois, un spécialiste international est invité au Casino Luxembourg pour faire découvrir une facette spécifique du sujet. À la fin de chaque conférence, l’analyse d’une œuvre d’art phare de l’art du XXe ou XXIe siècle est proposée au public par Jean-Marc Arnaudé et Sandra Schwender, et un cahier de lectures est distribué. Les échanges pourront se prolonger lors d’un buffet offert à tous les participants.

Plateforme de pédagogie active des arts et des médias, initiation permanente aux sujets qui sont au cœur de la société, le forum Arts, médias & société est aussi une occasion de rencontres dans un lieu convivial situé en plein centre-ville. Pour que le citoyen engagé, l’esthète averti ou toute personne curieuse, peu importe son âge, puisse continuer à apprendre, à comprendre, à échanger.

Modalités pratiques
 
Horaire :
18 h 30 – 19 h 30 : conférence par un spécialiste international invité – en français ou en anglais
19 h 30 – 19 h 45 : analyse d’une œuvre phare de l’art des XXe et XXIe siècles en relation avec le sujet par un médiateur
20 h 00 : collation offerte
 
Tarifs : 
Cycle complet (6 séances + collations + fascicules) : 40 € normal, 30 €/par pers. pour couples ou étudiant·e·s 
Séance individuelle (avec collation) : 9 € normal, 6 €/par pers. pour couples ou étudiant·e·s

SAVE THE DATE:

Jeu 3 octobre 2019
L’ère des écrans.  Du cinéma au smartphone
Jean Serroy (Université Grenoble Alpes)
Œuvre analysée par Jean-Marc Arnaudé : Janett Cardiff & George Bures Miller, Alter Bahnhof Video Walk, 2012

Jeu 5 décembre 2019
Vivre par(mi) les écrans. Le corps comme écran
Mauro Carbone (Université Jean Moulin – Lyon 3) 
Œuvre analysée par Sandra Schwender : Pipilotti Rist, Pour Your Body Out, 2008 
 
Jeu 9 janvier 2020
L’art et les écrans. Pour des écrans exposés 
Françoise Parfait (Universités en arts et médias à Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Œuvre analysée par Jean-Marc Arnaudé : Chantal Akerman, Now, 2015

Jeu 6 février 2020
Screen cultures. About technologies and practices
Sabine Himmelsbach (HeK – House of Electronic Arts Basel)
Œuvre analysée par Jean-Marc Arnaudé : Camille Henrot, Grosse fatigue, 2013
 
Jeu 5 mars 2020
La médiation de l’écran. La perception à l’ère numérique
Stéphane Vial (École de design de l’Université du Québec à Montréal (UQAM))
Œuvre analysée par Sandra Schwender : Rachel Maclean, I’m Terribly Sorry, 2018
(œuvre de réalité virtuelle dont les participant·e·s à la conférence sont invité·e·s à faire l’expérience)

En savoir plus
partenaires

Cycle organisé en collaboration avec l'Université du Luxembourg. Partenaires : Institut Français du Luxembourg et la délégation générale du Québec à Bruxelles

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Bill Viola, Reverse Television, 1983