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Casino Luxembourg

Film

12.3.2021 à 13:15 Luxembourg City Film Festival

The Fantastic

LIEU : Ciné Utopia, 16, avenue de la Faïencerie

un fillm de Maija Blåfield
30min, Finlande, 2020

Premier Prix, Tampere Film Festival, 2020 (Finlande)
Prix du meilleur documentaire, Aesthetica Short Film Festival, 2020 (Royaume-Uni)
Prix Best of the Festival, Aesthetica Short Film Festival, 2020 (Royaume-Uni)
Prix du meilleur court-métrage documentaire, MakeDox Creative Documentary Film Festival, 2020 (Macédonie)
Prix du meilleur court-métrage documentaire, DOKer Moscow International Documentary Film Festival, 2020 (Russie)

CARTE BLANCHE À KAROLINA MARKIEWICZ & PASCAL PIRON

Pour une partie de la population nord-coréenne, les films occidentaux introduits clandestinement dans le pays sur des cassettes vidéo des années 1990 et sur des clés USB sont la seule fenêtre sur le monde en dehors de la République populaire démocratique. À partir de conversations enregistrées à Séoul avec des ex-ressortissant·e·s de Corée du Nord, accompagnées de prises de vues tournées dans le pays, près de la frontière chinoise et dans la zone démilitarisée, Maija Blåfield évoque la manière dont les Nord-Coréen·ne·s ont fantasmé le monde extérieur en regardant clandestinement des films occidentaux. Sans repères et sans connaissances sur cette autre réalité, les films vus les plongent dans une grande incertitude. Dans quelles mesures ces fictions sont-elles le reflet de la réalité ?

The Fantastic est un film sur la rencontre de l’inconnu et sur la relation entre l’imagination et la réalité. Alternant séquences documentaires et effets visuels, le film pose la question de la définition de la réalité et des fantasmes. Il renverse le schéma dans lequel les Occidentaux observent la vie quotidienne de cet État-prison puisque ce sont les Nord-Coréen·ne·s qui dirigent leur curiosité vers le monde extérieur et imaginent ce qu'est la vie dans les pays de l’Ouest.

Maija Blåfield est une cinéaste et artiste finlandaise, née en 1973 à Helsinki. Dans ses œuvres, la perspective documentaire est extrêmement créative et façonnée par une narration forte dotée d'un humour subtil. Son travail se situe entre le cinéma expérimental et le documentaire. Elle se saisit aussi volontiers de la photographie, de l'écriture et de certains procédés collectifs. Son court-métrage, On Destruction and Preservation remporte le Prix Ken Burns du meilleur film au 57e Festival du film d'Ann Arbor en 2019. The Fantastic (2020) est son dernier court-métrage et a déjà reçu plusieurs prix dans différents festivals internationaux.

Projection suivie d’un Q&A préenregistré avec la réalisatrice Maija Blåfield

Réservation

« Lorsqu’on lisait ces cassettes vidéos à la maison sur une TV couleur, on voyait des choses dont on n’avait jamais imaginé l’existence auparavant » répond l’un.e des ex-ressortissant.e.s de Corée du Nord interrogé dans The Fantastic. Il évoque les films vus illégalement, alors que la Corée du Nord est entièrement fermée. Selon lui, seul 1% des habitant.e.s ont accès à l’extérieur du pays, et les échos qui leur parviennent du monde se font notamment par l’entremise des fictions occidentales qui arrivent par contrebande via la Chine, sur cassette vidéo dès les années 1990, puis sur clé USB. Dans une routine bien orchestrée, les Nord-Coréen.ne.s expérimentent la nouveauté, l’ailleurs, l’autre… Cependant sans repères et sans connaissances quant à ce qu’est cette autre réalité, les films vus les plongent dans l’incertitude provoquée par ce monde inconnu. Dans quelles mesures ces fictions sont-elles le reflet de la réalité ? Maija Blåfield, pour évoquer cette confrontation entre images et fantasmes du monde extérieur, filme en Corée du Nord ainsi que près de la frontière chinoise et de la zone démilitarisée sud-coréenne ; paysages qui se transforment par des effets de filtres vidéos et numériques pour laisser apparaître le fantastique. » Madeline Robert

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